Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de "Cyrano de Bergerac", est mort à 94 ans
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur césarisé de huit longs-métrages dont "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé à l'AFP un de ses fils.
Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").
C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano que cet autodidacte, formé notamment auprès de Louis Malle, avait connu son plus grand succès au début des années 90.
Porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.
Scénariste de ses propres films, il était connu pour son perfectionnisme.
"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à Paris Match en 2015.
D'abord scénariste, notamment de "Zazie dans le métro" de Louis Malle, il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château" , dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.
Les succès publics s'étaient ensuite enchaînés.
En 1971, il tourne "Les Mariés de l'an II", avec Jean-Paul Belmondo et Marlène Jobert et met en scène en 1975 les aventures rocambolesques du "Sauvage".
Six ans plus tard, "Tout feu tout flamme", avec Yves Montand et Isabelle Adjani lui vaut une nouvelle consécration publique.
Après une éclipse de près de dix ans, il relève le défi d'adapter sur grand écran, avec l'aide d'Emmanuel Carrère, la pièce "Cyrano de Bergerac", écrite par Edmond Rostand à la fin du XIXe.
"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.
En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") où transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".
Th.Baumann--VZ