Groenland: la Bourse de Paris plombée par les menaces douanières de Donald Trump
La Bourse de Paris évolue en nette baisse lundi, accusant le coup après les menaces de droits de douane de Donald Trump contre plusieurs pays européens qui s'opposent à sa volonté d'annexer le Groenland.
Vers 9H40 (heure de Paris), le CAC 40 perdait 1,23% à 8.157,31 points, en recul de 101,63 points. Vendredi, l'indice vedette parisien avait déjà clôturé en baisse de 0,65%, à 8.258,94 points.
"Le risque est de retour", a résumé Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.
Le président américain a menacé ce week-end huit pays, dont la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, d'imposer de nouvelles surtaxes douanières sur leurs exportations aux Etats-Unis, en raison de leur opposition à ses velléités de s'emparer du Groenland.
Ces nouveaux droits de douane, de 10%, seraient effectifs à partir du 1er février et pourraient s'envoler à 25% au 1er juin.
Cela "aurait des conséquences néfastes tant sur le plan économique que géopolitique", alors que "l'Europe a besoin des Etats-Unis pour soutenir l'Ukraine", ont estimé les analystes de la Deutsche Bank.
Et ces nouveaux droits de douane "ravivent les craintes d'une escalade protectionniste à un moment déjà délicat pour la croissance", a expliqué John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.
Les Européens préparent, en effet, des contre-mesures pour répondre au "chantage" du président américain, a dit lundi le ministre allemand de l'Economie, Lars Klingbeil, lors d'une conférence de presse avec son homologue français Roland Lescure.
Le président français Emmanuel Macron veut demander à Bruxelles l'activation de l'instrument anti-coercition de l'UE, permettant en particulier de limiter les importations provenant d'un pays et l'accès à certains marchés publics ainsi que de bloquer certains investissements.
Une autre réponse possible serait de réactiver les mesures de représailles sur 93 milliards d'euros de marchandises américaines, qui avaient été suspendues après la conclusion, à l'été 2025, d'un accord commercial entre Washington et Bruxelles.
Cet accord, qui doit être examiné par les eurodéputés dans les jours qui viennent, n'est d'ailleurs plus du tout du goût des eurodéputés. L'Allemand Manfred Weber, chef de la droite au Parlement européen, a clairement indiqué qu'une approbation n'était "pas possible à ce stade".
Le luxe souffre
"Les investisseurs se retirent des actions d'entreprises orientées vers l'exportation", a noté Andreas Lipkow, analyste indépendant.
A Paris, les valeurs du luxe, dont les Etats-Unis sont un client important, étaient particulièrement touchées. Vers 9H30, LVMH reculait de 3,91%, Kering perdait 2,56% et Hermès se repliait de 2,06%.
Le groupe automobile Stellantis, très lié à la première économie mondiale, cédait 1,54%.
La défense profite des tensions
Les valeurs du secteur de la défense surnageaient, bénéficiant de cette montée des tensions entre l'Union européenne et les Etats-Unis.
A Paris, Thales prenait 1,64% et Dassault Aviation 2,34%.
T.Meier--VZ