L'Arabie saoudite abat des drones après les menaces de l'Iran, premier mort français
L'Arabie saoudite a déclaré vendredi avoir intercepté plus d'une trentaine de drones dans son espace aérien, après que Téhéran a menacé de semer le chaos au Moyen-Orient, où une attaque a causé la mort d'un premier militaire français.
Le ministère saoudien de la Défense a annoncé avoir "intercepté et détruit" un total de 38 engins volants selon plusieurs communiqués successifs.
Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a pour sa part annoncé jeudi qu'un avion ravitailleur américain KC-135 s'était écrasé dans l'ouest de l'Irak, précisant que la perte de ce "Stratotanker" n'était "pas due à des tirs hostiles ou amis", et qu'un second avion impliqué avait pu se poser en sécurité. Le Centcom n'a pas fourni de détail sur le nombre de personnes à bord, ou leur état actuel.
Israël a mis en garde tôt vendredi contre l'arrivée de nouvelles vagues de missiles iraniens, appelant la population des zones menacées à se rendre aux abris. "Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a affirmé l'armée israélienne.
Le Magen David Adom, équivalent israélien de la Croix-Rouge, a ensuite signalé que deux personnes avaient été blessées dans le nord d'Israël, dont une femme de 34 ans, atteinte par des éclats.
L'armée israélienne avait annoncé plus tôt mener une nouvelle série de frappes visant des infrastructures à Téhéran et y avoir bombardé des postes de contrôle du Bassidj, une milice alliée au pouvoir.
Dans son premier message diffusé depuis qu'il a été désigné guide suprême dimanche, Mojtaba Khamenei n'a montré jeudi aucune volonté de plier face aux Etats-Unis et à Israël, insistant au contraire sur son désir de "venger" les victimes des "crimes" ennemis.
Un discours mais pas d'image: le message du nouveau dirigeant de 56 ans, lui-même blessé dans une frappe et dont l'état de santé reste un mystère, a été lu jeudi par une présentatrice à la télévision nationale.
Le nouveau guide suprême "ne peut pas montrer son visage en public", a raillé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
- Mort d'un premier militaire français -
Emmanuel Macron a annoncé tôt vendredi la mort d'un premier militaire français dans la guerre au Moyen-Orient. Ce sous-officier est mort des suites d'"une attaque dans la région d'Erbil" au Kurdistan irakien, a déclaré le président français, selon qui "la guerre en Iran ne saurait justifier de telles attaques".
L'AFP avait appris plus tôt auprès de l'état-major des Armées que six soldats français avaient été blessés lors d'une "attaque de drones" dans la région.
Le Premier ministre israélien a aussi justifié la poursuite de cette guerre, qui vise notamment, selon lui, à donner aux Iraniens les moyens de "faire tomber le régime".
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique iranienne, ont affirmé être prêts à une longue campagne, quitte à "détruire" l'économie mondiale.
L'armée iranienne a d'ailleurs menacé jeudi soir d'"incendier" et de "détruire" des installations pétrolières et gazières au Moyen-Orient en cas d'attaque contre ses infrastructures énergétiques et ports.
- "Levier" du détroit d'Ormuz -
Plusieurs explosions ont secoué le Golfe jeudi: sur un réservoir d'hydrocarbures à Bahreïn, un immense champ pétrolier en Arabie saoudite, un aéroport au Koweït et un port à Oman.
Dans son message, Mojtaba Khamenei a insisté sur la capacité de l'Iran à semer le chaos dans la région, en réduisant l'offre de pétrole ou en activant ses relais régionaux.
Il a appelé à utiliser "le levier du blocage du détroit d'Ormuz", voie maritime stratégique qui relie le Golfe à la mer d'Arabie, contrôlée de facto par l'Iran et par où transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
Les Gardiens de la Révolution ont dans la foulée promis de garder ce détroit fermé.
Six navires ont été attaqués depuis mercredi, pour un total de 16 depuis le début du conflit, selon l'agence maritime britannique (UKMTO).
Le gouvernement iranien a laissé entendre que certains navires étaient autorisés à emprunter le détroit. Mais pas ceux de pays "qui se sont joints aux Etats-Unis et à Israël", a précisé à l'AFP le vice-ministre des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi.
- Sanctions levées sur du pétrole russe -
Entre poursuite de la guerre et cours du pétrole, Donald Trump dit avoir fait son choix: la nécessité de "stopper" l'Iran passe avant les prix du pétrole car, a-t-il dit, il faut "empêcher un empire du mal, l'Iran, de se doter d'armes nucléaires".
Dopé par les discours guerriers, le prix du baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, a terminé jeudi au-delà de 100 dollars, une première depuis août 2022. Vendredi vers 01H00 GMT, celui-ci restait élevé, cédant 0,27% à 100,20 dollars, quand le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, cédait lui aussi 0,27% à 95,47 dollars.
Selon elle, le blocage du détroit d'Ormuz a contraint les pays du Golfe à réduire drastiquement leur production pétrolière, grevant l'offre mondiale de 7,5%.
Afin de pallier en partie ce manque, les Etats-Unis ont annoncé autoriser jusqu'au 11 avril la vente de pétrole russe - jusque-là sous sanctions - chargé à bord d'un navire avant le 12 mars.
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B.Simon--VZ