Moyen-Orient: la Bourse de Paris mise sur la prudence
Guerre ou paix? Faute de réponse claire, les investisseurs à la Bourse de Paris misent sur la prudence mardi, dans l'attente de l'évolution du conflit au Moyen-Orient entre les Etats-Unis et l'Iran à la veille de la fin prévue du cessez-le-feu.
A 10H00, l'indice CAC 40 évoluait depuis l'ouverture à l'équilibre (-0,09%) à 8.324,32 points. La veille, l'indice parisien avait clôturé en repli (-1,12%) à 8.331 points, après un rebond vendredi.
Boussole des marchés, le pétrole reculait légèrement. Le baril de Brent, référence du brut en Europe, cédait 1,33% à 94,21 dollars et le WTI américain perdait 2% à 89,61 dollars.
Les Etats-Unis et l'Iran se sont adressé des menaces mutuelles lundi à deux jours du terme des deux semaines de cessez-le-feu, au moment où l'incertitude entoure une possible reprise des pourparlers entre les deux pays au Pakistan.
"La volatilité est de retour", commente Christopher Dembik, analyste pour la banque privée Pictet.
"Mais les marchés résistent", ajoute-t-il, avançant plusieurs facteurs: "abondance de la liquidité, résultats trimestriels loin d'être mauvais y compris dans les secteurs plus vulnérables à la crise, conviction que l'inflation sera temporaire et que les banques centrales ne vont pas sur-réagir, lassitude des investisseurs concernant les soubresauts de la guerre en Iran, etc."
STMicroelectronics au plus haut
Au palmarès des valeurs, l'action de l'entreprise de semi-conducteurs et de puces STMicroelectronics gagnait encore du terrain (+1,25%), à son plus haut niveau depuis juillet 2024 (37,74 euros le titre).
Le fabricant franco-italien est porté par la demande mondiale de semi-conducteurs avec le développement de l'IA.
Le marché obligataire suspendu à la Fed
Sur le marché obligataire, le rendement des titres de la dette française à dix ans restait stable mardi matin (3,60% contre 3,61% la veille).
Les yeux seront tournés dans l'après-midi vers l'audition par le Sénat américain de Kevin Warsh, le candidat qui a les faveurs du président Donald Trump pour remplacer Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale (Fed).
"Warsh a soutenu que les gains de productivité liés à l'IA pourraient contribuer à compenser l'inflation, permettant potentiellement à la Fed de réduire les taux malgré une poussée temporaire des prix liée à l'énergie", analyse Ipek Ozkardeskaya, pour Swissquote.
"S'il maintient cette position, les rendements à court terme pourraient se détendre davantage, soutenant ainsi les actions", ajoute l'analyste.
"Les craintes inflationnistes liées à la hausse de l'énergie persistent et pourraient limiter les marges de manœuvre des banques centrales", observe pour sa part le gestionnaire de fonds Aurel.
L'inflation réduit la valeur réelle des capitaux prêtés: un euro remboursé demain permet d'acheter moins de biens et services qu'au moment où il a été prêté. Les créanciers cherchent donc à se protéger contre cette perte de pouvoir d'achat en augmentant les taux d'intérêt.
P.Stein--VZ