Les incendies au Canada enfument l'est des Etats-Unis avant la finale du Mondial
La fumée des incendies au Canada et au Minnesota a plongé vendredi plusieurs métropoles américaines dans un épais nuage de pollution, suscitant des inquiétudes avant la finale de la Coupe du monde dimanche près de New York.
Jugeant cette situation "totalement inacceptable", Donald Trump s'en est pris au pays voisin, où les autorités ont indiqué que plus de 200 incendies étaient hors de contrôle.
Enveloppée dans un brouillard jaunâtre, Detroit était la ville la plus polluée au monde, selon le site spécialisé IQAir, devant Washington ou encore Chicago.
Les autorités recommandent d'éviter de rester à l'extérieur ou alors de porter un masque.
Dans la région de New York, où sera disputé dimanche le match opposant l'Espagne à l'Argentine dans un stade à ciel ouvert, la qualité de l'air s'est améliorée depuis jeudi, mais reste jugée dangereuse pour les personnes à risque.
Et, selon les services météorologiques américains (NWS), la fumée pourrait s'épaissir dans la nuit.
Les organisateurs "surveillent de près" la situation, a commenté Andrew Giuliani, qui dirige l'équipe de la Maison Blanche chargée de l'organisation du Mondial-2026, lors d'un point presse.
L'application officielle de sécurité à destination des supporters les encourage aussi à rester à l'intérieur ou à porter un masque.
- Impact sur les poumons -
Peter Mullinax, météorologue pour le NWS, a indiqué à l'AFP que les vents pourraient maintenir un ciel brumeux sur le nord-est des Etats-Unis mais que les prévisions anticipent une amélioration.
"Je ne pense pas que cela ait autant d'impact que si vous deviez jouer un match aujourd'hui", a-t-il assuré.
La question pour dimanche, selon Joel Dreessen, prévisionniste de la qualité de l'air pour l'Etat du Maryland (est), est de savoir ce qui se passera après les orages attendus au cours du week-end.
"Certains modèles commencent à indiquer que les niveaux de fumée vont commencer à baisser", dit-il.
"Nous tenons le Canada pour responsable du fait qu'il n'entretient pas correctement ses forêts (...) et les Etats-Unis se retrouvent inutilement envahis par un air sale, pollué et dangereux pour la santé (...), totalement inacceptable !", a pour sa part attaqué le président américain sur sa plateforme Truth Social.
Dans les Etats les plus proches des incendies, le Michigan, le Minnesota et le Wisconsin (nord), certaines zones enregistrent depuis plusieurs jours des niveaux de qualité de l'air qualifiés de "dangereux", poussant les habitants à adopter le masque lors de leurs sorties.
À New York, des distributions gratuites ont eu lieu dans les gares et les bibliothèques.
Chris Carlsten, professeur à l'Université de Colombie-Britannique au Canada, précise qu'un nombre croissant de recherches montre que les particules fines issues des feux de forêt ont un impact plus important sur les poumons, tandis que la pollution liée aux véhicules affecte davantage le cœur.
Il relève aussi que des peintures, du plastique et du métal peuvent se mêler à ces panaches qui gagnent en toxicité au fur et à mesure qu'ils se déplacent en raison d'un "vieillissement photochimique".
Pour faire face à ce qui devient une nouvelle réalité des étés nord-américains, M. Carlsten recommande des filtres à air pour les espaces intérieurs et le port du masque à l'extérieur.
- Lien avec le changement climatique -
Experts et défenseurs de l'environnement insistent sur le lien entre la multiplication de ces épisodes et le changement climatique.
"Un ciel de plus en plus enfumé souligne l'urgence d'une transition rapide vers les énergies propres plutôt que la construction de nouvelles infrastructures liées aux combustibles fossiles", dit Paul Mathewson, directeur des programmes scientifiques de l'organisation Clean Wisconsin.
Selon le scientifique, le changement climatique favorise l'allongement de la saison des incendies en raison de températures plus élevées et d'une diminution de l'humidité des sols.
La situation continue de se détériorer au Canada où, selon les chiffres du Centre interservices des feux de forêt, plus de 200 incendies sont hors de contrôle, particulièrement dans l'Ontario (est).
Ils n'ont fait pour l'heure aucune victime dans cette province mais plusieurs villages isolés ont été évacués.
Si la saison est bien moins dramatique jusqu'ici qu'en 2023, année record, la virulence des incendies s'est considérablement aggravée depuis une semaine.
Dans le même temps, 16 feux font rage dans une forêt du Minnesota, à la frontière avec le Canada.
"Les prévisions de conditions météorologiques instables, de vents changeants et de risques isolés de rafales de vent destructrices et d'orages vont constituer un défi pour les opérations de lutte contre les incendies", a réagi le service forestier américain.
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F.Roth--VZ