

A Blois, Olivier Faure tente de proposer une alternative à François Bayrou
Proposer une alternative crédible à François Bayrou et montrer que la gauche peut gouverner. Le patron du Parti socialiste Olivier Faure est très attendu vendredi à Blois où il entend faire "la démonstration qu'il existe un autre chemin" que le budget "inacceptable" du Premier ministre.
Pendant ce temps, François Bayrou inaugurera la Foire de Châlons-en-Champagne, où il tentera à nouveau de convaincre de sa démarche, à 10 jours du vote de confiance qu'il a convoqué à l'Assemblée nationale sur l'état des finances publiques et l'ampleur de l'effort à accomplir dans le budget 2026.
"Grâce à Bayrou, notre université d'été intéresse tout le monde", ironise Luc Broussy, président du conseil national du PS, alors que le Premier ministre garde espoir de trouver un compromis avec le parti à la rose pour éviter la chute qui lui est promise.
Comme les autres partis de gauche et le Rassemblement national, le PS a déjà annoncé qu'il voterait contre la confiance. Et il réclame qu'Emmanuel Macron laisse la possibilité de gouverner à la gauche, arrivée en tête des législatives anticipées de 2024.
Si le parti n'exclut pas de se rendre à l'invitation du Premier ministre la semaine prochaine, "ce n'est pas pour négocier", mais "réexpliquer qu'on ne votera pas la confiance", affirme son secrétaire général Pierre Jouvet.
La France insoumise et les Ecologistes ont refusé l'invitation à ces consultations de la dernière chance que François Bayrou veut entamer lundi.
Le chef des socialistes aura à cœur, lors de son discours en fin de journée, de rappeler que François Bayrou est, avec le président Emmanuel Macron, "comptable et co-responsable" de la situation budgétaire du pays, précise Johanna Rolland, la maire de Nantes.
"Nous, quand on était aux responsabilités, on avait laissé les toilettes propres", lance le chef des députés socialistes, Boris Vallaud.
Il s'agit aussi de démonter le discours "du camp de la raison", qu'essaye d'installer François Bayrou en invitant à choisir entre "le chaos" et "la responsabilité", remarque Pierre Jouvet.
Pour cela, Olivier Faure veut "dire aux Français qu'un autre chemin est possible", en proposant une autre trajectoire budgétaire et de réduction des déficits, insiste Mme Rolland.
- "Copie la plus crédible" -
Des propositions "concrètes" seront présentées samedi pour faire "la démonstration qu'il est possible de désendetter le pays", a développé Olivier Faure dans La Nouvelle République.
Il s'agit de détailler "la copie la plus crédible possible", avec "des recettes, de vraies économies et un plan de relance pour l'industrie", esquisse le député Philippe Brun.
L'effort budgétaire, qui reposera d'abord sur les plus riches et les grandes entreprises, sera bien inférieur aux 44 milliards défendus par M. Bayrou pour 2026 et sera étalé sur plusieurs années, précisent plusieurs sources.
Une fois n'est pas coutume, l'opposition interne d'Olivier Faure valide la démarche: cette "feuille de route pour la France" permet de sortir de "l'opposition binaire Bayrou ou la dissolution", insiste Hélène Geoffroy, la maire de Vaulx-en-Velin.
"Nous sommes la solution", a assuré jeudi Olivier Faure, qui semble se poser en potentiel Premier ministre, poste qu'il avait déjà revendiqué il y a un an, en vain, auprès de ses partenaires du Nouveau Front populaire.
Mais pas question de proposer un nom pour Matignon, assurent les socialistes, peu disposés à se déchirer sur une personnalité.
Même si beaucoup doutent de la volonté du chef de l'Etat de nommer une personnalité issue de leurs rangs, les socialistes échafaudent le scenario d'un "gouvernement de gauche minoritaire" qui négocierait un accord de non-censure et de non-utilisation du 49.3 avec le bloc central, mais sur "une base politique de gauche".
Le PS espère bien "embarquer" avec lui ses partenaires: Ecologistes, communistes, ex-insoumis, Générations, qui seront tous rassemblés à Blois pour un meeting commun.
Un gouvernement "de Ruffin et Roussel à Glucksmann", espère Pierre Jouvet, même si le patron de Place publique Raphaël Glucksmann, qui sera présent à Blois, semble vouloir jouer sa partition seul pour 2027.
Quant aux Insoumis, avec qui les relations sont exécrables, les plus optimistes les voient en "soutiens sans participation". "LFI ne censurerait pas un budget comme le nôtre", assure Philippe Brun.
P.Stein--VZ