Carburants : de nouvelles aides annoncées mardi pour les Français les plus touchés
Adapter les dispositifs et tenter d'agir sur les approvisionnements : le gouvernement va présenter mardi de nouvelles aides aux Français les plus touchés par la flambée des prix des carburants, alors que sa marge de manoeuvre budgétaire est réduite et les contraintes internationales amenées à durer.
Lors d'une conférence de presse à Bercy, les ministres Maud Bregeon (porte-parole et Energie), Roland Lescure (Economie), David Amiel (Comptes publics), Stéphanie Rist (Santé), Catherine Chabaud (Pêche) et Serge Papin (PME, Commerce) présenteront chacun les dispositifs relevant de leur périmètre, destinés à "accompagner les ménages, les entreprises et les secteurs les plus exposés".
L'exécutif se déploie cette semaine pour tenter de calmer la grogne sociale sur les carburants, devenu un thème majeur de la campagne présidentielle.
Sébastien Lecornu a tenu lundi deux réunions avec des ministres : l'une le matin sur les approvisionnements en pétrole et en gaz, perturbés par une guerre au Moyen-Orient qui s'éternise, et l'autre l'après-midi, qui a duré 2H30, dédiée à "l'accompagnement à court et moyen termes" des Français face à l'envolée des prix à la pompe.
Le prix du gazole évoluait toujours lundi autour de 2,41 euros le litre en moyenne en France, selon une analyse de l'AFP des données publiques. Ceux de l'essence SP98 à 2,28 euros et SP95 à 2,22 euros.
- "Plan de sauvergarde" -
Devant une station TotalEnergies de La Chapelle d'Armentières (Nord), qui était en rupture de gazole et de sans-plomb, Bruno Bodart, artisan de 57 ans, craint de devoir "mettre la clé sous la porte".
Il assure dépenser 300 euros par semaine pour faire le plein de sa camionnette et aimerait "un geste" du gouvernement.
Les infirmières libérales, qui interviennent au domicile des patients, se déplacent "à perte", ont alerté lundi des représentants de la profession.
Cette flambée des prix alimente une grogne sociale qui s'est déjà manifestée la semaine dernière par des blocages de dépôts pétroliers par des pêcheurs.
Venu à leur rencontre lundi dans l'Hérault et le Gard, la ministre déléguée à la Mer et à la Pêche Catherine Chabaud a souhaité construire avec eux un "plan de sauvegarde de la pêche en Méditerranée".
Certains responsables politiques craignent la résurgence de mouvements du type Gilets jaunes, qui protestaient à l'époque contre l'augmentation d'une taxe sur les carburants, alors que cette fois l'inflation tient à une guerre lointaine, insiste l'exécutif.
Mais sa marge de manœuvre est faible compte tenu de la dégradation des finances publiques, avec un endettement qui s'annonce record l'an prochain et des taux d'intérêt qui grimpent.
Le gouvernement a déjà prolongé jusqu'à la fin de l'année les aides aux secteurs les plus exposés, comme l'agriculture, le BTP et les pêcheurs.
Le ministre de l'Economie Roland Lescure plaide pour une aide "supplémentaire" à ces grands rouleurs qui serait versée "automatiquement".
- Prix du gaz -
L'exécutif insiste aussi sur les problèmes d'approvisionnements à venir, exposant au passage les dépendances de la France toujours très grandes aux énergies fossiles importées.
Même si "pour les deux mois qui viennent, on n'a pas d'inquiétudes" a expliqué Roland Lescure, il manque aujourd'hui "10 millions de barils (de pétrole) par jour" sur le marché mondial, a pointé Mme Bregeon, dans un monde qui en consomme plus de 105 millions quotidiennement.
Ces risques porteraient notamment sur le jet-fuel (kérosène) utilisé par les compagnies aériennes, et le gazole, très consommé en France.
Si l'approvisionnement en gaz cet hiver est en passe d'être assuré en France, les tensions géopolitiques renchérissent les prix.
Le prix de référence du gaz augmentera de 6,3% le 1er octobre après +5,6% en août, une hausse qui se ressentira sur les factures quand les chauffages au gaz auront repris du service.
Emmanuel Macron multiplie pour sa part les contacts diplomatiques pour trouver des routes alternatives aux hydrocarbures, et ces crises seront notamment au menu de l'Assemblée générale de l'ONU cette semaine à New York.
P.Schulz--VZ