Prix des carburants : les aides du gouvernement aux professionnels et aux particuliers
Le gouvernement a annoncé la prolongation jusqu'à la fin de l'année des aides ciblées aux secteurs touchés par la flambée des prix du carburant. Voici un point sur ces aides, leurs montants et le calendrier ainsi que les mesures exclues par le gouvernement.
Le principe de ces aides sectorielles avait été annoncé fin mars, un mois après le déclenchement de la guerre en Iran.
Quels sont les secteurs concernés?
Les dispositifs mis en place pour les pêcheurs, les agriculteurs et le secteur du BTP ont tous été prolongés jusqu'au 31 décembre.
L'aide de 35 centimes par litre accordée aux pêcheurs sera désormais indexée sur le maximum admis par la Commission européenne, soit "une couverture de 70% de la hausse des coûts par rapport à la situation d'avant-crise, quelle que soit la hausse des cours dans les semaines à venir", selon le gouvernement. Il prévoit aussi un paiement accéléré des aides.
Pour les agriculteurs, l'aide de 15 centimes par litre est reconduite. Elle pourra faire l'objet d'un "aménagement" dans le cadre des consultations en cours sur le Plan sécheresse agricole, dont la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé mercredi qu'il serait "probablement supérieur" à 1,3 milliard d'euros.
Le soutien aux entreprises éligibles du BTP à hauteur de 20 centimes par litre de gazole non routier a, lui aussi, été reconduit.
Le guichet de l'aide de 150 millions d'euros pour les industriels français de la chimie annoncée fin mai a par ailleurs été ouvert il "y a une semaine" et permet au secteur d'en bénéficier, a déclaré mercredi sur Public Sénat le ministre de l'Industrie, Sébastien Martin.
Les aides "grands rouleurs"
L'aide aux grands rouleurs a été prolongée jusqu'à la fin de l'année, et son nombre de bénéficiaires élargi à 5,5 millions de personnes, contre 3 millions précédemment.
L'aide de 100 euros "représentera l'équivalent de 40 centimes par litre de carburant pour deux mois en moyenne", a déclaré lundi la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, également ministre déléguée à l'Énergie.
Cette aide est destinée aux "Français gagnant jusqu'à 2.050 euros pour une personne seule", "4.070 euros net pour un couple" ou "6.100 euros pour un couple avec deux enfants, qui effectuent chaque jour au moins 15 kilomètres pour aller travailler (30 kilomètres aller-retour) ou plus de 8.000 kilomètres par an dans le cadre de leur activité professionnelle (en incluant les trajets domicile-travail).
Elle sera automatiquement versée aux bénéficiaires qui l'ont déjà perçue. Les personnes éligibles qui souhaitent en bénéficier la percevront pour la première fois en octobre, a précisé sur BFM-RMC mercredi le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin.
Le gouvernement a aussi annoncé le relèvement du plafond de défiscalisation de la prime carburant de 600 à 1.000 euros par an pour permettre aux employeurs de "soutenir leurs salariés prenant la voiture" pour aller travailler.
Enfin, le versement du chèque énergie, qui concerne 5,8 millions de ménages, est avancé d'avril à janvier 2027.
Les mesures exclues par le gouvernement
Sur l'antenne de Public Sénat, mercredi, Sébastien Martin a exclu toute baisse de taxe sur le prix des carburants.
"Il faut passer d'une logique d'euro facile à une logique d'euro utile. (...) On a fait le choix d'aider en priorité les gens qui sont dans l'obligation d'utiliser leur voiture pour aller travailler", a affirmé le ministre de l'Industrie.
Le 16 septembre, Bercy avait déjà indiqué, à l'issue d'une réunion avec les distributeurs de carburant, être "défavorable" à des "mesures plus générales" d'aides pour faire face à la hausse des prix des carburants, en raison notamment de la "situation des finances publiques".
A.Schuster--VZ