Ukraine: sept morts dans des frappes après la visite de l'émissaire américain en Russie
Moscou et Kiev ont échangé des frappes dans la nuit de jeudi, laissant un bilan de sept morts côté ukrainien, ont indiqué les autorités, quelques heures après la visite en Russie de l'émissaire du président américain Donald Trump.
"C'est le plus près que nous ayons jamais été" d'une fin de la guerre, a déclaré M. Trump après la rencontre mercredi de son émissaire Steve Witkoff avec le président russe Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg.
Le Kremlin s'est dit "en principe" ouvert à la reprise de négociations trilatérales entre les deux belligérants et les États-Unis. Mais les attaques se sont poursuivies après la tournée de M. Witkoff.
Au cours de la nuit passée, "les systèmes de défense aérienne ont détruit 808 drones ukrainiens" au-dessus d'une vingtaine de régions russes et la Crimée annexée, a annoncé le ministère russe de la Défense dans un communiqué
Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a indiqué que 630 drones avaient été lancés dans la nuit en direction de la région de la capitale russe, faisant deux blessés. Soulignant que la plupart d'entre eux avaient été détruits par les systèmes de défense aérienne, il a observé que 163 de ces drones s'étaient approchés de Moscou.
Dans le nord-est de l'Ukraine, des frappes ont tué un homme à Soumy et une femme à Kharkiv, tandis que trois personnes ont été tuées dans la région de Zaporijjia, dans le sud-est du pays, selon les administrations militaires régionales et la police.
Deux autres personnes ont été tuées dans des frappes à Donetsk (est), a indiqué l'administration militaire régionale.
Des bombardements sur Kiev, notamment au moyen de missiles, ont fait au moins 15 blessés, selon le maire de la capitale ukrainienne, Vitali Klitschko. Une partie des infrastructures du métro sur le pont Pivdenny a été endommagée, a-t-il ajouté.
L'armée de l'air ukrainienne a alerté tôt jeudi matin sur de nouveaux tirs de missiles balistiques en direction de Kiev et appelé les habitants à rester à l'abri.
Steve Witkoff s'était rendu en Russie après avoir rencontré mardi à Oslo le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lors d'un entretien visant à apaiser la profonde brouille entre Donald Trump et le dirigeant ukrainien.
Une réunion avait également eu lieu mardi à Oslo avec des dirigeants européens et le président ukrainien Volodymyr Zelensky, lequel a appelé à un arrêt des combats sur les positions actuelles comme premier pas en vue des pourparlers.
Steve Witkoff a qualifié Vladimir Poutine d'"humaniste" après la libération du citoyen américain Stephen Hubbard.
Le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a également participé à distance aux discussions avec le président russe.
L'émissaire du président américain a assuré sur X que les discussions avaient été "constructives et se poursuivraient dans le cadre de pourparlers trilatéraux", mais a admis qu'il restait "un travail important à accomplir."
Le conseiller diplomatique du Kremlin, Iouri Ouchakov, a indiqué que la Russie était "en principe prête à reprendre" les pourparlers trilatéraux à la mi-novembre et souhaitait qu'ils portent sur les garanties de sécurité pour l'après-guerre.
Volodymyr Zelensky a affirmé être "favorable" à une telle rencontre, mais "dès que possible". "L'ordre du jour est clair : mettre fin à la guerre, faire avancer la paix et, si je comprends bien, tout préparer en vue d'une rencontre au niveau des dirigeants", a-t-il dit.
- "Pas grand-chose" -
Le président américain se veut, lui, optimiste, et a assuré mercredi qu'un dénouement était proche, comme il l'a fait plusieurs fois depuis son retour au pouvoir.
"L'autre jour, je parlais avec Vladimir Poutine du règlement de sa guerre avec l'Ukraine, et je pense qu'on s'en rapproche d'ailleurs. Peut-être que nous n'en avons jamais été aussi proches", a dit Donald Trump.
Vladimir Poutine, qui a lancé l'offensive sur l'Ukraine en février 2022, a systématiquement refusé toute discussion en face à face avec Volodymyr Zelensky et a affirmé l'intention de Moscou de s'emparer du reste de l'est de l'Ukraine.
Signe que les positions des belligérants semblent pourtant encore éloignées, Iouri Ouchakov a affirmé que les propositions formulées par Kiev et les Européens à Oslo "ne comportaient pas grand-chose".
- Ligne de front -
Des négociations entre Russes, Ukrainiens et Américains avaient déjà eu lieu en 2025, sans avancées concrètes. Elles avaient été suspendues après le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée par Washington et Israël.
Iouri Ouchakov a également évoqué une possible réunion en préparation entre Vladimir Poutine, Donald Trump et Xi Jinping en Chine, en marge du sommet de l'Apec en novembre à Shenzhen (sud-est de la Chine).
Dans une interview sur Fox News, Volodymyr Zelensky a appelé mercredi à un "gel" de la ligne de front comme premier pas dans les discussions, une proposition exclue jusque-là par Moscou, qui exige un accord sur le fond avant tout arrêt des combats.
La Russie, réclame notamment que l'armée ukrainienne se retire des territoires qu'elle contrôle encore dans la région de Donetsk (est), ce que Kiev considère comme inacceptable.
burx-dk/bfi-cn/pz
E.Abel--VZ