Ligue des champions: OM, la grande désillusion
La "honte" de Roberto De Zerbi, la "soirée de merde" de Medhi Benatia et la colère de tous les supporters de l'OM: Marseille est tombé de très haut mercredi à Bruges, où le club olympien a laissé échapper une qualification immanquable pour les barrages de la Ligue des champions.
La cruauté du scenario qui a laissé l'OM aux portes des barrages a été parfaitement illustrée par les écrans géants du stade Jan Breydel de Bruges, qui ont affiché après le coup de sifflet final ce sympathique message: "Félicitations pour la qualification, Olympique de Marseille !"
Mais il restait encore quelques secondes à jouer à des centaines de kilomètres de là, à Lisbonne. Et au bout du temps additionnel, le gardien du Benfica Anatolii Troubine a inscrit de la tête le quatrième but de la victoire des Portugais face au Real Madrid (4-2), celui qui élimine l'OM.
Il y en a eu d'autres avant celui-ci, bien sûr, et l'OM regrettera d'autres fins de matchs impitoyables, avec les défaites concédées dans les derniers instants face au Real Madrid ou à l'Atalanta Bergame, notamment.
Mais il reste jeudi ce terrible constat: Corrigé à Bruges (3-0), l'OM est le premier club français à ne pas atteindre la phase à élimination directe de la nouvelle Ligue des champions. Le Paris SG et Monaco y sont parvenus cette saison comme la précédente, quand Lille et même Brest avaient également réussi.
- "Sans excuse" -
Pour les supporters marseillais, on frôle donc l'humiliation, comme l'illustre la Une du quotidien régional La Provence jeudi: "Ridicules".
L'OM était pourtant très bien engagé avec neuf points au bout de six matches. Mais l'équipe de Roberto De Zerbi a conclu sa campagne par deux revers 3-0 face à Liverpool et Bruges pour un bilan de cinq défaites en huit matches, beaucoup trop pour un effectif de ce calibre.
"C'est une défaite terrible, sans excuse. Il faut faire un examen de conscience et se taire, tous. Quand tu perds un match comme ça, il y a de la honte", a lâché le technicien italien mercredi.
Sa responsabilité est engagée, forcément, car il ne parvient toujours pas à donner de la constance à son équipe, qui alterne matches maîtrisés comme contre Lens samedi (3-1) et fiascos spectaculaires, comme mercredi ou début janvier contre Nantes (défaite 2-0).
Mais Medhi Benatia, directeur du football et architecte de l'effectif marseillais, semblait surtout remonté contre les joueurs mercredi. "En fait, il faut être sérieux. Le foot c'est un amusement, mais c'est sérieux. Et ce soir, on n'a pas été sérieux. Cette saison, parfois, trop souvent, on n'a pas été sérieux. Et ça me dérange au plus haut point", a-t-il lancé, tout en colère froide.
"C'est une soirée de merde, même un peu honteuse. Quand tu es dans un club comme celui-ci, tu peux perdre des matches. Tu as perdu à Madrid, tu as perdu à Lisbonne... Mais tu ne peux pas perdre comme ce soir", a-t-il ajouté.
- Au vert à Clairefontaine -
Pour lui comme pour le président Pablo Longoria, l'échec est cuisant, même si les dirigeants assurent depuis le début de saison qu'une accession à la phase suivante n'était pas budgetée et que le véritable objectif est une nouvelle qualification en fin de saison.
Mais les visages baissés et les regards abattus racontaient autre chose mercredi soir dans les couloirs blafards du stade Jan Breydel et c'est tout l'OM, un club habitué à entrer en crise pour moins que ça, qui doit désormais se relever.
Car le calendrier reste exigeant: déplacement sur la pelouse du Paris FC samedi, réception de Rennes en Coupe de France mardi au Vélodrome - où l'accueil s'annonce glacial -, puis nouveau déplacement dans la capitale pour y affronter le Paris SG dans dix jours.
"Comment veux-tu que ça n'ait pas de conséquences sur la suite de la saison ? J'espère que ça aura des conséquences. J'espère qu'entre eux, ils vont se poser les bonnes questions. C'est ce que j'attends", a encore lancé Benatia.
L'introspection se fera loin de Marseille, à Clairefontaine, où les Marseillais vont se mettre au vert jusqu'au match de samedi face au PFC. La saison dernière, ces "ritiri" à Mallemort puis Rome avaient fait beaucoup de bien à l'OM. L'ambiance à Clairefontaine sera sans doute un peu moins joyeuse, mais il y a de l'espoir.
E.Albrecht--VZ