Equipe de France: Zidane joue l'ouverture à tout-va pour sa première liste
Zinédine Zidane a commencé à imprimer sa marque sur l'équipe de France en élaborant une première liste de 23 joueurs placée sous le signe d'une large ouverture dans l'optique de la Ligue des nations, théâtre de ses grands débuts à la tête des Bleus.
L'ère Zidane, après 14 ans de mandat de Didier Deschamps, a été réellement lancée vendredi au siège de la Fédération française de football avec l'annonce tant attendue du premier groupe concocté par l'icône du sport tricolore.
Dans une salle de conférence comble, signe de l'effervescence suscitée par son arrivée aux commandes de la sélection, l'ex-légende du Real Madrid a confirmé son souhait de redonner un nouveau souffle à une formation qui sort d'une élimination en demi-finales de la Coupe du monde après une défaite sans appel face aux futurs vainqueurs espagnols (2-0).
À l'image de son prédécesseur, Zizou va donc utiliser la Ligue des nations, une épreuve intermédiaire avant les qualifications de l'Euro-2028 l'an prochain, pour tester des visages jusque-là assez méconnus.
- Cinq novices -
Au total, huit éléments font ainsi leur apparition par rapport aux 26 présents au Mondial, dont cinq novices, pour les deux déplacements en Turquie et en Belgique, les 25 et 28 septembre, avant la réception de l'Italie et des Diables Rouges, les 2 et 5 octobre au Stade de France.
Comme prévu, le secteur offensif, grande satisfaction du tournoi organisé l'été dernier en Amérique du nord, est largement préservé autour du trio de choc formé par Kylian Mbappé, le Ballon d'Or Ousmane Dembélé et Michael Olise. Si Marcus Thuram, Maghnes Akliouche et Jean-Philippe Mateta font les frais des choix de Zidane, seul le Rennais Esteban Lepaul, meilleur buteur de Ligue 1 la saison dernière, a eu droit à une promotion à 26 ans.
"Il a un profil différent, sur les petits espaces notamment. C'est un joueur qui m'intéresse. Il marque des buts, je veux le voir de près", a indiqué le sélectionneur.
Zidane en a profité pour affirmer que Mbappé conserverait logiquement son brassard de capitaine mais il n'a pas hésité à rouvrir le débat sur le positionnement de la superstar française.
"Il peut jouer dans les trois positions, je l'aime beaucoup à gauche", a-t-il lancé. De quoi alimenter les spéculations sur ses choix tactiques futurs et son animation offensive. D'autant que le champion du monde 1998 a écarté d'un revers de la main une option à quatre attaquants, qui était celle de Deschamps à la Coupe du monde, tout en ne tarissant pas d'éloges sur Rayan Cherki, étincelant pour sa deuxième saison à Manchester City.
"C'est un vrai N.10, il est capable de jouer entre les lignes, c'est un joueur comme je les aime", a-t-il déclaré.
- Kanté, clap de fin -
C'est en défense que les nouveautés sont les plus importantes avec plusieurs absents de poids qui peuvent se faire du souci pour leur avenir international (les frères Théo et Lucas Hernandez, Lucas Digne, Malo Gusto).
Privé de William Saliba, blessé au dos, Zidane a promu Jérémy Jacquet (21 ans), acheté 70 millions d'euros par Liverpool à Rennes, Andy Diouf, Adrien Truffert (24 ans), qui a eu une seule sélection fin 2022 avec Deschamps, et Pierre Kalulu (26 ans, 3 sélections).
Même constat au milieu où l'histoire en bleu de NGolo Kanté (35 ans, 69 sélections, 2 buts), sacré au Mondial-en 2018 sous les ordres de Deschamps, a sans doute pris fin.
"Il y a des joueurs pour faire évoluer cette équipe, ça n'a rien à voir avec ses qualités. Il a été un joueur exemplaire. Il a 35 ans, moi j'ai quatre ans à la tête de cette équipe. J'ai fait des choix", a expliqué Zidane.
Aurélien Tchouaméni, toujours en phase de reprise après une blessure, restera de son côté à Madrid. Ce qui fait les affaires du bizuth Lucas Da Cunha, titulaire chez le surprenant Côme, 3e de Serie A et qui dispute la Ligue des champions.
Chez les gardiens, la non-convocation de Brice Samba, le N.2 à la Coupe du monde, fait les affaires du jeune Toulousain Guillaume Restes (21 ans).
Tranchant dans ses choix sportifs, ZZ n'a en revanche pas souhaité se positionner sur le terrain politique. Au moment où Kylian Mbappé est la cible de l'extrême droite en Espagne et en France après avoir refusé de porter entièrement, avant un match du Real Madrid, un tee-shirt de soutien à la population de l'enclave espagnole de Ceuta, au coeur d'une crise migratoire avec le Maroc, le technicien a dit ne pas vouloir "partager" ses "convictions", notamment en vue de l'élection présidentielle de 2027.
L.Babler--VZ