Euroligue: la course aux armements avant le grand chambardement
Les gros bras du Vieux continent ont continué à s'armer jusqu'aux dents pour remporter l'Euroligue, dont la saison s'ouvre jeudi avant une prochaine placée sous le signe du changement et des interrogations, sur fond de bataille avec la NBA Europe.
A l'heure où l'Olympiakos remet son titre en jeu, et avant une réunion cruciale pour son avenir le 5 octobre à Milan de ses 13 clubs actionnaires, bien malin celui capable de dessiner la silhouette de la prochaine reine des compétitions européennes.
Elle changera assurément, qu'elle soit absorbée ou satellisée par la NBA, qui veut lancer sa ligue européenne avec 16 franchises à l'automne 2027, ou toujours estampillée d'origine 100% européenne.
Pour contrer la menace NBA, avec qui les discussions se poursuivent en parallèle, l'ECA (Euroleague Commercial Assets), la société qui organise l'Euroligue, a en effet annoncé sa volonté de passer de 20 à 24 équipes et à un système de franchises. L'organisation en deux conférences de 12, sur le modèle de la NBA, est par ailleurs dans les cartons.
- Le "Pana" revanchard -
La poule unique, en vigueur depuis 10 ans, semble donc vivre ses derniers feux.
Ils demeurent pour autant ardents et attisés par la densité des candidats aux play-offs et au titre, remporté par l'Olympiakos fin mai dans la salle de son rival honni, le Panathinaïkos.
Pour laver l'affront subi lors d'un Final Four dont il a été éjecté (élimination en quarts), le "Pana" a rappelé sur le banc la légende Zeljko Obradovic, avec qui il a remporté cinq de ses sept Euroligues.
L'entraîneur serbe est à la tête d'un effectif renforcé par les deux Français Guerschon Yabusele, de retour en Europe après deux ans en NBA, et Sylvain Francisco, élu dans le cinq majeur 2025-2026.
L'Olympiakos a de son côté attiré la révélation du dernier exercice, le Dominicain Jean Montero, qui a quitté Valence après avoir mis le feu aux parquets européens sous les ordres de Pedro Martinez.
L'entraîneur espagnol a lui fait ses valises pour le Real Madrid, qui a perdu Mario Hezonja (Cleveland) mais attiré Nick Smith, 27e de la draft NBA 2023.
Un an après Vassilje Micic, l'Hapoël Tel Aviv est allé chercher de son côté Obi Toppin, qui tournait à 11,6 pts de moyenne aux Indiana Pacers la saison écoulée, alors que l'Efes Istanbul a rapatrié Dario Saric (neuf saisons de NBA), et le Zalgiris Kaunas, Jonas Valenciunas (14).
Les clubs turc, champion en 2021 et 2022, et lituanien, quart de finaliste l'an passé, figurent sur le plateau des prétendants dont a disparu Monaco, vice-champion 2025 englouti par ses difficultés financières.
- Les débuts de Parker -
La concurrence est venue en Principauté faire son marché, notamment l'Efes (James, Strazel) et Dubaï (Okobo, Blossomgame), mais pas l'Asvel qui a dû renoncer à attirer le champion du monde et d'Europe allemand Daniel Theis (Maccabi Tel Aviv).
Alors qu'il rêvait d'un budget de 59 millions d'euros, équivalent aux grosses cylindrées, pour ses grands débuts d'entraîneur, Tony Parker devra se contenter d'une petite moitié.
L'objectif en Europe de celui qui est toujours propriétaire du club est de "faire mieux que l'année dernière", achevée à la dernière place.
Le Paris Basketball compte lui aussi un nouveau visage sur le banc, comme à chaque rentrée depuis 2022, et espère avec Maxime Lefèvre (adjoint pendant 7 ans aux Minnesota Timberwolves) de nouveau se mêler à la lutte pour les play-offs.
Dans les couloirs, une autre féroce bataille s'annonce, avec comme enjeu l'avenir du basket européen.
N.Becker--VZ